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Démarrer et entretenir son bac

Algues dans l’aquarium : les reconnaître et les faire reculer

Eau verte, filaments, voile brun ou pinceaux : chaque algue a sa cause. Repères sur l’éclairage, la nourriture, les nitrates, les mangeurs d’algues et le nettoyage des vitres.

Par Mathieu Renard ·

Algues dans l’aquarium : les reconnaître et les faire reculer

Une algue qui prolifère signale presque toujours un déséquilibre : trop de nourriture, trop de lumière ou des plantes trop peu vigoureuses. La méthode consiste à reconnaître l’aspect de l’algue, à corriger la cause, puis à nettoyer et à faire intervenir des mangeurs d’algues. Les traitements chimiques passent en dernier.

Identifier l’algue avant de choisir une solution

Chaque aspect renvoie à une cause différente, ce qui évite de traiter à l’aveugle. Le tableau reprend les repères publiés par Tropica et par Zooplus.

TypeAspectCause citéePiste principale
Eau vertePetites algues unicellulaires en suspensionForte concentration de nourriture (Tropica)Changements d’eau fréquents
FilamenteusesLongs fils verts, jusqu’à 20 cm (Zooplus)Nitrates, phosphates, CO₂ insuffisant, éclairage excessifCorriger la cause, plantes à croissance rapide
Brunes de surfaceFines couches de diatomées sur vitres et décorManque de lumière et eau de mauvaise qualité (Zooplus)Éponge douce et mangeurs d’algues
CyanobactériesCouches bleu-noirNourrissage excessif (Tropica)Nourrir moins
PinceauxTouffes en pinceauExcès de nutriments et manque de CO₂ (Zooplus)Rééquilibrer nutriments et CO₂

Les sources consultées ne séparent pas nettement l’algue noire de l’algue pinceau et ne décrivent pas l’algue blanche. Mieux vaut donc décrire ce qui est observé (touffes, fils, voile, couche) plutôt que de se fier à un seul nom.

Algues filamenteuses : les causes à corriger

Zooplus est très net sur un point : il n’existe pas de mesure immédiate qui chasse durablement les algues filamenteuses. Tant que la cause du déséquilibre n’est pas corrigée, elles finissent par réapparaître. Arracher les filaments à la main soulage, mais ne règle rien à long terme.

Les facteurs à vérifier, d’après cette même source :

  • les nitrates : une valeur supérieure à 20 mg/l est jugée préoccupante, et une eau du robinet au-dessus de 50 mg/l est à couper avec de l’eau osmosée ;
  • les phosphates, apportés par l’eau du robinet, un excès d’engrais et certaines nourritures ;
  • le CO₂, qui ne devrait en aucun cas descendre sous 5 mg/l, avec une plage idéale entre 10 et 20 mg/l ;
  • un aquarium trop lumineux.

Zooplus recommande aussi de changer environ 30 à 50 % de l’eau et d’installer des plantes qui poussent vite, comme le cératophylle, l’hygrophile, le limnophile, l’élodée ou le cabomba. Ces plantes sont les concurrentes nutritionnelles des algues : plus elles consomment, moins il en reste pour les filaments.

Eau verte, voile brun et couches bleu-noir

L’eau verte correspond à l’arrivée en masse d’algues unicellulaires. Tropica la relie à une forte concentration de nourriture et conseille des changements d’eau fréquents. Selon cette source, seul un important effectif de moules filtrantes peut vraiment corriger le problème.

Sur le traitement UV, les sources divergent. Tropica ne le conseille pas comme remède standard, car la lumière UV tue aussi les bactéries utiles. Zooplus, dans sa page consacrée à l’eau trouble, le cite en revanche comme un clarificateur utile. Le choix se fait donc en connaissance de cause, sans le présenter comme une solution unique.

Les algues brunes de surface sont des couches fines de diatomées, d’algues rouges et d’algues vertes. Tropica les juge rarement problématiques quand les mangeurs d’algues sont nombreux, et propose de nettoyer les vitres avec une éponge douce. Les couches bleu-noir sont des cyanobactéries : un nourrissage moins intense suffit la plupart du temps à les faire disparaître, et Tropica déconseille généralement les préparations chimiques.

Lumière : des repères qui divergent

La durée d’éclairage est l’un des leviers les plus simples, mais les sources ne donnent pas la même limite. Tropica recommande de ne pas éclairer l’aquarium plus de 10 heures. Truffaut présente comme idéal un système qui s’allume et s’éteint toute l’année à la même heure pendant 8 à 12 heures, et précise qu’une durée trop courte ou trop longue favorise les algues. Zooplus estime que 12 heures suffisent pour une bonne croissance des plantes, avec une pause d’une à deux heures par jour pour réduire la lumière.

Ces repères ont un point commun : la régularité compte autant que la durée. Un programmateur évite les oublis ; le Tetra LightWave Timer est présenté par sa fiche comme un programmateur compatible avec le système LightWave, destiné à stabiliser la photopériode, avec des levers et couchers de soleil progressifs. Vérifiez d’abord la compatibilité avec la rampe.

Pour calibrer plus finement l’éclairage d’un bac planté, le guide sur la durée d’éclairage des plantes détaille spectre et intensité, et les éclairages LED d’aquarium regroupent les rampes disponibles. Dernier point : selon Zooplus, la lumière directe du soleil provoque une forte croissance des algues, donc le bac gagne à rester à l’écart d’une fenêtre exposée.

Nourriture, densité de poissons et température

Tropica désigne la suralimentation, ou un effectif trop grand de poissons, comme la cause numéro 1 des problèmes d’algues. Sa densité maximale est de 0,5 cm de poisson par litre d’eau. Les restes de nourriture alimentent directement le développement des algues, d’où l’intérêt de distribuer moins et de retirer ce qui n’est pas consommé.

La température joue aussi : au-delà de 26 °C, Tropica observe des problèmes d’algues presque toujours, et conseille de viser 22 °C ou moins. Les changements d’eau réguliers évitent par ailleurs l’accumulation de l’excès d’aliment.

Pour savoir si les phosphates sont en cause, une mesure donne une réponse plus fiable que l’intuition, avec un test dont la notice couvre bien l’eau douce : certains kits de phosphate sont conçus pour l’eau de mer et les bassins.

Mangeurs d’algues et nettoyage des vitres

Les crevettes, escargots et poissons mangeurs d’algues préfèrent chacun des types d’algues différents, selon Tropica. Contre les conferves, ce sont surtout les crevettes d’Amano qui sont citées, avec jusqu’à 2 crevettes pour 5 litres en période de transition. Zooplus nomme lui aussi la crevette d’Amano, mais rappelle de ne pas introduire trop de mangeurs. Pour le choix et l’installation, le guide sur les crevettes Amano pose les bases.

Truffaut donne des effectifs par volume :

  • otocinclus : 4 à 6 individus pour un bac de 150 litres ;
  • Caridina japonica : une dizaine pour un aquarium planté de 100 litres ;
  • épalzéorhynque (Crossocheilus) : un poisson pour 100 litres ;
  • planorbes : une dizaine pour 100 litres.

Truffaut précise également de ne pas mettre plus d’un Gyrinocheilus par aquarium, car il peut se coller aux flancs de poissons paisibles, et de prévoir un seul Pleco dans un bac de 200 litres.

Le nettoyage mécanique reste indispensable sur les vitres. Les grattoirs et outils d’entretien se choisissent selon le matériau de la paroi. Le Continuum AquaBlade M possède une lame en acier inoxydable réservée au verre, et son fabricant propose une version à lame plastique pour l’acrylique. Le racloir boxtech BT-X5 associe un manche de 50 cm et cinq lames en acier inoxydable remplaçables, plutôt réservées au verre. Le coussinet API se manipule à la main pour frotter les dépôts sans ajouter de produit dans le bac. Dans tous les cas, JBL rappelle de ne jamais laisser de sable ou de gravier entre l’outil et la vitre, sous peine de rayures.

Anti-algues, résines et tests : en dernier recours

Zooplus indique que la solution chimique devrait être le dernier recours, avec des conséquences négatives possibles pour les plantes et les poissons. Les fiches des produits vont dans le même sens : un traitement aide ponctuellement, mais ne règle pas la cause du déséquilibre.

Le Tetra AlguMin est un traitement liquide pour eau douce, annoncé pour éliminer les algues présentes et limiter leur retour. Sa fiche invite à contrôler les paramètres avant de traiter et à retirer le charbon actif du filtre si la notice le demande. L’Esha Protalon est présenté comme un traitement qui inhibe la croissance des algues, dont les filamenteuses et les algues bleu-vert, avec une bonne tolérance annoncée par le fabricant pour les poissons et les plantes. La notice reste la référence pour les espèces sensibles.

Une autre approche agit sur les nutriments. La résine Fluval Clearmax A1348 capte le phosphate, le nitrite et le nitrate, en complément de la filtration, jusqu’à environ 300 litres selon le fabricant. La masse JBL PhosEx Ultra fixe les phosphates dissous : JBL estime qu’une concentration supérieure à 0,25 mg/l en eau douce peut entraîner des problèmes d’algues, et recommande de mesurer avant de déterminer la quantité.

Dans tous les cas, ces produits retirent des nutriments sans remplacer l’entretien : éclairage régulier, nourrissage mesuré, changements d’eau et plantes vigoureuses restent la base.

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